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Auto-censure LGBTQIA+ au travail :
obstacle invisible à l’inclusion

En bref

La part des travailleurs·es qui censure une dimension de leur vie pour se conformer aux attentes des milieux de travail, même quand ceux-ci se pensent inclusifs,

est bien plus importante que ce que l’on croit.

Même dans les environnements dits « acceptants », beaucoup cachent des pans entiers de leur vie pour éviter le jugement ou l’incompréhension.

Cette stratégie a un coût  : isolement, stress, fatigue émotionnelle, perte d’accès à l’informel ou aux droits.

Tel un fil rouge discret, l’auto-censure traverse tous les profils LGBTQIA+

 

Même en l’absence de discriminations frontales, l'auto-censure peut prendre les formes suivantes. Par “précaution” cela se traduit par :

  • Cacher sa vie amoureuse, surveiller ses mots, ruser pour évoquer le week-end ;

  • Surveiller pronoms, anecdotes, tenues, fabrication permanente d’un récit “neutre" ;

  • Peur du rejet, anticipation de propos stigmatisants, adaptation constante.

Nombreux·ses sont celles et ceux qui témoignent aussi de leur adaptation de leur expression de genre ou leur façon de s’habiller.

« En tant que directeur de l'association, je dois faire attention à l'image que je renvoie aux partenaires et institutions avec lesquelles je travaille. Je dois conserver un look "mainstream" au boulot. Je ne peux pas me teindre les cheveux, me vernir les ongles ou porter des boucles d'oreilles si je le souhaite par exemple.»
​Conséquences

 

Cette stratégie d’adaptation, si elle protège à court terme, alimente sur la durée l’isolement, la lassitude émotionnelle, voire la sensation de ne jamais être “complètement intégré·e”.

 

Par ailleurs l’auto-censure prive l’individu d’accès à certains droits, à la complicité informelle qui fait la richesse du collectif, et peut directement ou indirectement freiner l’évolution professionnelle.

Beaucoup témoignent que cette barrière invisible, née d’un éventail de normes implicites et de peurs intériorisées, pèse aussi lourd que les agressions explicites.

« Au final, c’est plus mon homophobie intériorisée qui m’a porté préjudice plutôt que l’environnement professionnel : rarement des remarques, mais beaucoup d’auto-censure pour éviter d’hypothétiques remarques »

 EN CONCLUSION 

Prévenir l’auto-censure, c’est agir sur les représentations, la formation, l’empathie des personnes encadrantes et la valorisation des “vécus invisibles”.

 

C’est tout le collectif qui doit s’impliquer :

- par la formation,

- la valorisation proactive des diversités (y compris invisibles),

- la création de réseaux internes de confiance et des espaces pour partager des vécus. 

 

L’auto-censure ne tombera vraiment que lorsque chacun·e se sentira libre de parler de soi — ou choisir de ne pas le faire — sans crainte d’être réduit·e à une identité, ni exposé·e à des conséquences négatives.

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